« Grand parcours » alpinisme dans le Cantal

« – Que diable allait-il faire dans cette galère? »
Céline a installé son « corps mort » en même temps que moi. Autour le vent souffle, comprimé par le vallon du fond de l’Alagnon, il se rue sur la crête. Cela ressemble à une piste de bowling et nous sommes les quilles à faire tomber. Brassens a raison, le vent choisit ses victimes !

Arrivés le vendredi soir du 11 mars 2022 au Lioran, nous participons au Grand Parcours Cantalpinisme (https://cantalpinisme.fr/).

Samedi matin
Le grand Turc a annoncé la couleur : un alpiniste sait s’adapter au mauvais temps.
Pour ses instructions, l’encadrant du Caf Aurillac doit nous parler à 30 cm de l’oreille. Neige et grésil nous fouettent le visage.


Apprendre ou réviser une technique doit se faire entièrement. Par sécurité les crampons sont rangés plus haut.
Nous avons d’abord, à cet atelier, pratiqué l’araignée sur la neige. Il faudra bien descendre 6 à 7 fois en se jetant dans la neige 2 ou 3 fois avant d’être sûr de son réflexe pour stopper une glissade. Cela sans piolet, puis avec le piolet. Devant ma coéquipière je finalise en exécutant la chute en marche arrière. Mais elle-même refuse, elle apprend à son rythme.

Maintenant au tour de l’assurage sur « corps mort ». Apprentissage du freinage. Mot d’ordre : ABSORBER. Test réussi. Pour finir j’essaye en tirant avec Céline d’arracher son relais. Impossible, 20/20.

Dimanche
« – Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (bis)
Hier soir, après 30 mn à tourner le dos au vent furieux au pied d’un ressaut mixte, le retour est annoncé. Ce matin nous serons la 2è cordée à passer. A faire, grimpe dans du mixte petit 1er degré avec assurance sur les points en place, assurer le 1er (Céline du mou…) installer un relais (joker : anneau de corde dynamique, pas de sangle).
Puis on nous annonce qu’avec la cordée suivante nous partirons au Puy de Bataillouse.

« – Que diable allait-il faire dans cette galère? »
La cordée suivante est là, mais les encadrants cogitent sur un mousquif mal placé.
On attend. Dos à la tempête. Capuche fermée. Voilà une autre cordée arrive. Titubant sous les poussées du blizzard nous nous dirigeons vers l’atelier suivant. L’encadrant nous promet d’être au calme au nord.
Les Cantalous mentent comme des Marseillais !

« – Que diable allait-il faire dans cette galère? »
La pente plonge devant. Nous suivons avec Céline la corde qui disparaît dans le grand blanc à 15 m. Les crampons s’enfoncent dans les 40 cm de fraîche puis trouvent dessous la vieille neige. Mes genoux n’aiment pas la position.
Après une traversée voici un relais. D’autres cordées sont engagées. A gauche une pente encore en neige sur 20 m arrive à un autre relais puis une longueur mixte. A droite un beau goulet de 10 m de largeur nous propose du moins raide mais directement de notre position. De toute façon les 2 passages se regroupent plus loin.
Céline se cale au relais, passe la corde dans le descendeur et me voilà parti. Sous la fraîche il y a de la glace et un bombement plus raide sur 10 m avec du caillou.

Ah, mes deux quarks Petzl vont servir après 6 ans de repos. Céline en second avec l’un et Bibi en premier avec mon classique et l’autre. Cotation 3 M3 AD. Au bout de 50 m nous ferons relais.
Ensuite en laissant entre nous 15 m et 2 points la pente sortira à corde tendue. La fin terminant en passage « touffes », je fais un relais sur le point de fixation de la corde fixe qui sert d’accroche aux mousquifs de protection.
Bien cassés, nous prenons le chemin de la descente. Céline aveuglée, je passe devant pour suivre les balises.

Fin de partie au centre des Gélinottes. Au moment de mettre des sous dans la machine à café j’apprends qu’il est servi dans la salle de debriefing. Après 3 tasses le bonheur revient ! Nous shunterons le discours de conclusion, la route est longue. Un dernier effort pour faire monter à la voiture la sortie du centre sous et sur la neige.

Ainsi en deux jours nous avons pu réviser une bonne partie des manipulations. Non décrits ici : le chaussage des crampons, anneaux de buste, montée-descente en cordée, tenue piolet (pour moi découverte de la position pointe vers la pente en descendant). Et vues les conditions nous n’avons pas tout fait, un regret pour l’atelier Arva avec le PGM.

Mais qui connaît les « grands parcours » organisés par les Caf ?

Notre fédération FFCAM encourage la création de ces évènements.
But : Pour une discipline : ski de randonnée, raquette, alpinisme… faire découvrir l’activité.
C’est accessible pour un public varié mais surtout adapté à des débutants.
Des ateliers permettant en sécurité de voir-revoir des techniques simples,
Un équipement en place limitant le matériel à amener,
Une course d’application selon les configurations et conditions,
Des lieux divers pour regrouper des clubs,
Des conférences avec des professionnels : guides, PGM, PGHM…,
De la convivialité en mélangeant des passionnés.

Un week-end ne suffit pas à valider une connaissance. Cela donne le départ pour des stages plus longs ou des inscriptions en club.

Merci à Céline d’avoir suivi mon rythme sans me dépasser,
Merci à Patrick de la FSGT pour le covoiturage,
Merci aux clubs organisateurs.

A l’an prochain avec le soleil ?

PS : date du Grand Parcours Cham’s 18-19 juin 2022.
https://cd-haute-savoie.ffcam.fr/grand-parcours-alpinisme.html

Gilles JORDAN, CAF du Pays de Fontainebleau. https://www.cafbleau.fr/

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